DE L'AUTRE CÔTÉ DU CHARCO

 

Carnet de passage par Abya Yala

(Mexique – Guatemala – Honduras – Nicaragua – Costa Rica – Panama – Colombie)

 

Photographies : Patxi Beltzaiz / Récits : Traba

 

Un bout de route partagé du Mexique à la Colombie. Traces d’un voyage où la mort a une robe rouge et où la vie se chante dans la rue.

 

Un soir d'hiver, nous avons laissé traîner nos doigts sur une carte du monde. Nous avons rêvé de traverser cette grande flaque qu'est l'océan Atlantique, le Charco comme disent si bien les Mexicains. Nous avons échafaudé mille plans pour parcourir cette Abya Yala fantasmée, une Amérique unifiée qui irait du Nord au Sud avec les montagnes et les fleuves comme seules frontières. Une terre d'indigènes révoltés, encore et toujours insoumis envers un monde de plus en plus globalisé où les fêtes modernes donneraient à voir d'un monde ancestral et où les réminiscences du passé résonneraient à chacun de nos pas.

Une Amérique qui commencerait par Oaxaca en passant par le Chiapas et le Guerrero au Mexique pour se poursuivre vers le Guatemala. Puis prendre un bus pour le Honduras, faire une pause au Costa Rica et au Panama puis vite repartir vers la Colombie, berceau du réalisme magique et territoire ancestral du peuple Nasa, gardien de la Terre Mère.

Ceci n'est pas un carnet de voyage. Juste une trace indicible. De deux êtres de passage. Portés par l'errance et le mouvement perpétuel. Se laissant mener par le bout de leur envie et par le hasard des rencontres. Sans calcul ni urgence. La lenteur comme fidèle alliée.
Ainsi, nous nous sommes perdus dans des marchés remplis de bruits et d'odeurs, nous avons arpenté des ruelles de couleurs, nous avons disséqué le monde, partagé des nuits mezcalisées, nous avons pleuré pour les morts d'Ayotzinapa, nous avons dansé avec les vivants. Ou bien peut-être que nous avons dansé avec les morts et pleuré avec les vivants. Nous ne savons plus. Nous avons été sens dessus-dessous. En vrac, en mille morceaux, nos sens et nos repères éparpillés aux quatre vents. Heureux pour la plupart du temps.

Et de cette expérience, nous n'avons pu en ramener que quelques éclats. Des bouts de vies. Des bribes de sensations. Le reste étant à jamais dans notre insondable mémoire...

Les photographies sont en vente pour soutenir Miguel Paralta Betanzos, prisonnier politique à Oaxaca-Mexique.


Tirage 20x30cm sur papier Hahnemuhle Photo Pearl 310g : 30 €
Tirage 30x40cm sur papier Hahnemuhle Photo Pearl 310g : 40 €

Miguel est un copain qui nous a accueillis dans son village d'Eloxochitlan de Flores Magon pour la fête des morts.
Il est emprisonné depuis le 30 avril 2015 pour son action au sein de l'assemblée communautaire d'Eloxochitlan.

Réunion publique du collectif tous les derniers vendredi du mois au Hangar de la Cépière, 8 bis rue de Bagnolet, métro Arènes.

Prochaine réunion : en septembre...